Les tunnels nazis de Chassiron

L’érosion provoque un recul du trait de côte et dévoile des vestiges oubliés ou inimaginables. A la pointe de Chassiron des années d’érosion ont mis au jour un réseau de tunnels qui permettaient de relier différents ouvrages d’une position allemande (Ro531) et qui sont visibles actuellement à flanc de falaise à la marée basse.

Accessible depuis la plage de la Morellière ou directement depuis la descente de plage de Chassiron, il est possible de repérer le site grâce aux blocs tombés sur la grève. Ils témoignent d’une volonté de protéger les cheminements de la batterie d’artillerie installée autour de 1942, une logique répétée sur d’autres sites de l’île, comme à la Perroche où on retrouve plusieurs ouvrages adossées à des tranchées bétonnées.

Ce qui reste remarquable ici c’est la configuration de ces tunnels, construits à même la roche et disposant d’un système de drainage inédit. Les couloirs légèrement en pente disposent d’une rigole centrale et d’aérations supérieures facilitant l’évacuation et l’assèchement des couloirs. Cette ingénierie est rarement vue mais l’environnement très humide près de la mer pourrait l’expliquer.

Aujourd’hui encore ce réseau garde une partie de ces mystère puisque la partie amont est aujourd’hui noyée dans la végétation et la partie aval à flanc de falaise dangereuse et difficilement accessible.

Véritable curiosité en bord de mer, ces tunnels témoignent de ce déploiement de force important dans l’environnement proche des Festung de Royan et du Verdon-sur-Mer. Malheureusement en quelques mois, les deux « sorties » qui étaient visibles côté à côte ont été très largement dégradées, avec pour l’une un éboulement sur la grève pour la portion la plus au sud. Leur disparition complète n’est plus qu’une question d’années désormais.