Construit à l’écart de ville Gallo-romaine, l’Amphithéâtre de Poitiers se situe dans l’emprise de la « vieille » ville de Poitiers. Il prend souvent le nom d’arènes de Poitiers ou de Palais Gallien de Poitiers. Il a pour particularité d’avoir été absorbé par des constructions plus modernes à l’exception d’une petite portion.
Monument de Limonum Pictonum le futur Poitiers, il témoigne par sa taille de l’importance de cette ancienne cité. Ses dimensions en font l’un des plus grand amphithéâtres connu en France avec ses dimensions de 155,80 × 130,50 m. Archéologues et historiens estiment que sa construction remonterait au Ie siècle après JC. Son utilisation cessera à la fin de l’Antiquité et tombera ensuite en ruines.
Limonum Pictonum est construit sur un éperon rocheux, siège d’un premier oppidum protohistorique et dispose son Amphithéâtre, comme c’est souvent le cas en dehors des murs de la ville. A cette époque, comme c’est également le cas du Palais Gallien bordelais est à l’écart de toute construction. L’ouvrage a longtemps été daté du IIe siècle mais de récentes analyses liées à la structure architecturale plaident pour une origine plus ancienne, plutôt vers le Ier siècle.
Passer au milieu de l’Amphithéâtre.
Aujourd’hui quand on se dirige vers les vestiges de l’amphithéâtre, sans s’en rendre compte vous foulez la partie centrale des arènes en passant rue Magenta. Les rues des arènes, Bourcani et du Petit Bonneveau vous font passer sous les gradins ou à leur extrémité extérieure. Comme à Bordeaux (Palais Gallien), les vestiges de cette ouvrage antique sont mieux évoqués vus du ciel que depuis la rue. L’impression présente dans l’urbanisation rappelle le contour de l’ouvrage.
Occupé par les Visigoths au Ve siècle, la transformation de son environnement débute dès le Moyen-Age mais au fil des témoignages, il est possible de témoigner l’évolution des vestiges. L’enceinte est encore conséquence au XIVe siècle avec des maisons et jardin qui ont pris place sur son périmètre. Une gravure de Paul Chastillon au XVIe siècle montre encore des arènes bien formées avec de nombreuses habitations qui sont venu s’y appuyer. Au XVIIe, on ne parle plus que des quelques arcades et voutes bien que Pierre Boudan présente des arrêtes encore identifiables dans une aquarelle de 1699.
pour arriver au XVIIIe siècle avec trois arcades. L’extension de la ville de Poitiers a conduit à faire disparaitre progressivement ce monument antique du paysage urbain.
Les seuls vestiges encore visibles du public se situent rue Bourcani avec des voûtes rayonnantes des premier et deuxième niveaux d’arcatures. Des restauration étaient en cours durant le printemps 2026. Comme un peu partout où des vestiges ont été remplacés par des habitations on retrouve des vestiges qui ont été préservés dans le bâti et dans les caves. C’est le cas dans des bâtiments des rues des Arènes romaines et Magenta
22.000 places…
Deux autres amphithéâtres connus égalent les dimensions de celui de Poitiers, à Tours et à Autun, ces derniers ayant également été en grande partie détruits ou recouverts d’infrastructures et maisons plus modernes. Selon les évaluations, il pouvait accueillir autour de 22000 personnes, certains osent s’aventurer sur des chiffres plus importants (30000). Les spectateurs pouvaient accéder aux gradins par des galeries à plusieurs niveaux reliées par des escaliers intérieurs.
L’amphithéâtre a semble-t-il était construit avec du matériaux local, son appareil étant composé de moellons de taille régulière. Les archéologues ont noté que deux méthodes de constructions ont été utilisées. Cela serait probablement lié à une construction en simultané de deux maitres d’oeuvre. Des pierres plates sont utilisées pour dessiner les voutes et il n’est pas à ce stade possible de déterminer avec certitude la composition des façades qui dans certaines portions utilisaient également ce type d’appareil. Mais le nombre de vestiges limités ne permettent pas de l’attester.
De nos jours, les rares vestiges de l’amphithéâtre, visibles rue des Arènes font l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1840 puis 1962.
