Le Palais Gallien de Bordeaux

L’amphithéâtre de Bordeaux, dit « Palais Gallien » est l’un des rares vestiges du Bordeaux antique qui ont traversé les âges. Selon l’histoire locale, cet ouvrage aurait été élevé au IIe siècle. Il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges et une empreinte dans la tissus urbain en vue aérienne.

Situé au moment de sa construction en dehors du Castrum romain, sur la route du Médoc (actuelle rue Fondaudège) il est aujourd’hui noyé dans l’urbanisation de Bordeaux. Depuis 1840, il est classé monument historique.

On y accède soit par la rue du Docteur Albert Barraud (pour la visite) ou par la rue du Colisée qui vous positionne au coeur de l’amphithéâtre. Les vestiges visibles aujourd’hui sont la porte du couchant et une portion d’un mur attenant (2e ellipse depuis l’extérieur, côté nord-est). La vue extérieure (Rue Albert Barraud) montre le mieux l’architecture typique de ces ouvrages comprenant une suite continu arcades.

IIe siècle

L’appareil employé (opus mixtum) pour la construction de l’amphithéâtre permet de dater sa construction entre le IIe et le IIe siècle. Selon une des hypothèses souvent avancées, il aurait été construit pour la venue de Caracalla en Aquitaine.

Les dernière fouilles entreprises entre 2010 et 2011 ont permis d’affiner la datation la portant au début du IIe siècle.

Ensuite les chroniques du IIIe siècle indique que lors des invasions franques il aurait été incendié (vers 275). Constitué en grande partie de bois, il fut en grande partie détruit puis laissé à l’abandon.
Au début du XVIIe siècle, la moitié de l’ellipse et les deux entrées sont encore debout. C’est alors un repaire de brigands et de prostituées. Après la révolution entre 1789 et 1793, la municipalité utilise l’amphithéâtre comme dépotoir.

A partir de 1793, le site est vendu en lot (le 15 février) et utilisé comme carrière. Deux voies sont tracées (rue du Collisée & rue Sansas) pour permettre un accès plus facile à ces parcelles

Sous l’impulsion de Lucien Bonaparte, un début de préservation de l’édifice fut entamé. Les vestiges font l’objet de premiers travaux de préservation en 1864 et classées monument historique en 1911.

Empreinte dans le tissus urbain

Dans la vue cadastrage ou satellite, on peut encore voir l’emprise au sol de l’ouvrage. Le tissu urbain s’est d’abord étendu au bord de l’arène puis plus tard, utilisé comme carrière, la surface fut utilisée pour le développement du quartier. En regard des vestiges et de ce qu’on peut constater dans l’habitat qui l’entoure, l’amphithéâtre de forme ellipsoïdale comportait une arène de 70m sur 47m pour un périmètre de 132m sur 111m. La hauteur de l’édifice était d’environ 25m. Sa capacité théorique était de 22.000 spectateurs.
Le monument était composé de 7 ellipses concentriques composant 64 travées s’appuyant chacune sur une arcade. Une partie d’entre elles se prolongeaient jusqu’à l’arène. Pour accéder à l’arène, l’amphithéâtre comportait deux portes qui traversaient les enceintes extérieures pour atteindre l’arène via un petite cour ouverte.

La forme de l’ouvrage est inhabituelle puisque selon les recherches effectuées, il était composé en grande partie de bois notamment pour les gradins. Cela tranche avec d’autres ouvrages de premier plan tels que les amphithéâtre d’Autun de Tours ou de Poitiers